Litha – le Solstice d’Été

Le solstice d’été est le moment de l’année où le soleil atteint son point culminant dans le ciel dans l’hémisphère nord. C’est une célébration du moment où la lumière est la plus présente, le solstice marque la journée la plus longue et la nuit la plus courte de l’année. Comme toutes les autres fêtes druidiques, ce pas-sage porte une dynamique bien spécifique et peut nous apprendre beaucoup si nous faisons cette transition vers une nouvelle étape dans l’année en conscience. Le solstice est un moment suspendu dans le temps, un point de bascule. À partir de maintenant la nuit commence à regagner terrain sur le jour.

Dans l’Égypte ancienne, le moment du solstice coïncidait avec le début de la saison des pluies et les crues du Nil. Le soleil à son sommet annonçait la venue de l’eau, la puissance masculine (la force solaire) appelait la venue du principe féminin pour apporter douceur et fertilité. Cette dynamique se reflète dans l’architecture des temples égyptiens qui longent le Nil où l’escalier ou le chemin qui mène jusqu’à la rivière sont gardés par des statues de lions: le soleil qui appelle l’eau. Le feu se fait tempérer et accompagner par l’eau. Le jour laisse la place à la nuit.
Les anciens peuples avaient conscience que ce pas-sage était un mouvement volontaire, pas une lutte entre forces opposées comme on a tendance à interpréter la réalité, mais une collaboration nécessaire qui permettait à la vie de continuer. Le solstice d’été nous rappelle que nous avons besoin d’équilibre intérieur et que les moments d’action doivent être équilibrés par des moments de ressourcement, qu’énergie masculine et féminine ont tous les deux la place dans notre vie et à l’intérieur de notre être.

Chez les anciens Celtes ce festival était fêté en allumant de grands feus sur les sommets des monts sacrés, imitant ainsi la trajectoire du soleil dans le ciel ou en allumant des feus aux bords des océans, lacs ou rivières pour fêter la saison fertile, la saison de l’abondance. Cette tradition a d’ailleurs survécu dans plusieurs pays sous la forme de la fête de la Saint-Jean où des grands feux de purification sont allumés à l’honneur de Jean le Baptiste, juste quelques jours après le solstice d’été. Chez les anciens Celtes, cette célébration venait après une période d’activité intense qui commençait à Imbolc. Pendant les mois précédents, ils auraient travaillé la terre, semé les plantes et pris soin des jeunes pousses. Le moment du solstice venu, le plus gros du travail aurait été fait. Il fallait maintenant faire confiance à mère Nature et attendre la récolte.

Le message et l’initiation du solstice sont ceux du lâcher-prise. Ce pas-sage nous demande de nous abandonner. S’abandonner veut dire accepter qu’on ne contrôle pas tout, qu’il y a une force plus grande que nous, l’univers, dieu ou les mystères, qui opère dans notre vie. S’abandonner veut dire avoir le courage de lâcher les rênes, de faire confiance à la vie. S’abandonner veut dire arrêter de s’acharner, arrêter de lutter et laisser la vie oeuvrer pour vous. Vous faites de votre mieux, vous mettez tout en place pour que vous puissiez vivre depuis le coeur, alors maintenant vous lâchez et vous faites confiance à l’univers. Faire de son mieux est uniquement possible quand on fait les choses depuis le coeur, toute action qu’on entreprend parce qu’il “faut” et qui vient de motifs autres qu’une inspiration de notre coeur, ne peut pas être fait de notre mieux.
Cette capacité de s’abandonner est essentielle si on veut que notre vie soit l’expression de notre âme et si nous souhaitons que le divin nous aide. La capacité de s’abandonner fait toute la différence entre collaborer de temps en temps avec le divin, en style free-lance, ou devenir véhicule du divin. Nous avons besoin de lâcher les résistances afin que le divin puisse librement couler à travers nous et que nous puissions rentrer dans le flux de la vie. En réalité, les feux du solstice nous aident alors à purifier nos résistances, à faire le deuil de qui on croît être pour pouvoir renaître à notre vrai soi.

Soyez reconnaissant du chemin déjà parcouru, de tout ce que vous avez appris grâce à vos multiples expériences, prenez conscience des cadeaux que vous avez déjà reçus. Puisque le temps n’existe pas, ce à quoi vous aspirez, l’endroit vers lequel la vie vous guide est déjà là, vous y êtes déjà puisque le chemin sur lequel vous êtes vous relie déjà à cet endroit. Prenez conscience que la vie ne vous proposerait jamais de faire quelque chose que vous n’êtes pas capables de faire. Ayez cette confiance, cette foi. Le solstice est un moment pour s’ouvrir à la réception. Vous avez fait l’effort, vous avez grimpé la montagne, maintenant vous pouvez lâcher les freins pour descendre la colline. Ouvrez vos mains, votre coeur et tout votre être pour recevoir les cadeaux du divin, abandonnez-vous à la vie.

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