Brahm Kavach

Le week-end dernier j’ai fait ma première expérience de Brahm Kavach. Le Brahm Kavach est un mantra guerrier des Sikhs qui a été écrit et reçu par le dernier guru Sikh Gobind Singh. Mes amis, un prof de yoga kundalini réputé et respecté et sa compagne une excellente prof de Hatha yoga, m’avaient invité à les rejoindre pour chanter ce mantra pendant 40 heures, dans un ashram dans les alpes français.

Je ne suis pas yogi moi-même et je n’avais pas vraiment d’expérience avec la philosophie Sikh mais je suis toujours ouverte à découvrir d’autres chemins spirituels et j’ai toujours envie d’apprendre. Le mot Sikh veut dire disciple. Les Sikh rejettent l’idée de différentes classes sociales ou castes, adhèrent à l’égalité entre les hommes et les femmes et se mettent au service de l’humanité. Ils se voient comme des protecteurs des droits humains, de la liberté et de la justice.

Le Brahm Kavach est un mantra dédié à tous les aspects de la mère divine, du féminin sacré dans toute sa puissance, gloire, beauté, compassion et bienveillance ET toute sa férocité, explosivité et ardeur. C’est un mantra très puissant, honorant TOUS les aspects du féminin sacré, le pouvoir de la vie tout comme le pouvoir de la destruction, l’aspect féminin de Dieu en sa totalité. Donc même si je ne suis pas une yogi, je connais la dévotion, et aujourd’hui ma vie est dévouée à ce que je perçois et ressens comme étant ma mission divine et honorer le divin et l’aspect féminin du divin font maintenant partie de chaque aspect de ma vie et mon voyage sur terre. Donc mon âme était plus qu’heureuse d’avoir l’opportunité de participer à cette expérience. C’était incroyablement nourrissant de pouvoir dédier tout un week-end à ce qui compte le plus dans ma vie. À travers la dévotion et le service au divin à l’extérieur, on sert et on renforce le divin à l’intérieur. J’ai ressenti que ce genre de pratique qui repousse les limites de l’endurance physique et mentale est une des plus hautes formes d’amour de soi et une des plus pures façons de nourrir tout son être.

À chaque fois que je chantais le mantra, les mots résonnaient différemment, s’enracinaient plus profondément à l’intérieur de moi, venaient de plus en plus de mes profondeurs, résonnant dans chacune de mes cellules et loin au-delà. Le mantra devenait ainsi un dialogue entre moi-même et la déesse, entre le divin dedans et dehors. Au cours des 40 heures, le mantra assumait des significations complètement différentes et je canalisais différentes énergies alors que la déesse se révélait dans tous ses aspects divers. Parfois les mots qui sortaient étaient féroces et ardents, comme si Durga elle-même lançait des lames depuis ma bouche à travers mes mots. D’autres fois, les mots devenaient doux et rassurants, presque comme une berceuse que la déesse chantait pour ses enfants, l’humanité. Je sentais sa rage divine s’enflammer dans mes entrailles et se mettre en éruption tels un volcan, une rage causée par l’ignorance de l’humanité, par le viol, par le meurtre, par l’injustice, la malhonnêteté, la déception, la cupidité, la vanité… à chaque image de l’injustice qu’elle faisait défiler à l’intérieur de moi, chaque crime contre la vie, la vérité universelle et la justice, chaque sacrilège contre sa création divine, le feu s’enflammait plus. Je ressentais sa colère et sa rage devant le déni de l’importance du féminin, un sacrilège du plus haut pouvoir dans l’univers, de tout ce qui est sacré, une insulte.

Je ressentais à quel point elle mettait l’humanité en garde, comment elle promettait de nous dévorer, de nous détruire et de consommer la noirceur dans ses flammes. Et je ressentais également à quel point c’était le plus grand acte d’amour qui puisse exister, comment elle pardonnerait l’humanité dès qu’elle l’aurait détruit, comment elle nous recouvrira avec amour, nous ramenant dans son ventre, dans les entrailles de la Terre, en dessous des couches de sa peau pour nous permettre de renaître. Cette promesse de mort et de renaissance était le plus grand acte d’amour inconditionnel, la promesse que quand le déséquilibre deviendra trop grand, elle sera là pour restaurer l’harmonie.

La signification du mantra changeait de nouveau vers la fin et devenait un appel aux guerriers de la terre. Je pouvais ressentir la joie et la puissance de la déesse alors qu’elle faisait appel à la partie divine en tous les humains, les réveillant, les invitant à devenir des guerriers sacrés dans le sens vrai du terme. Des guerriers divins, des gens qui ont le courage de s’engager pour la justice et l’égalité, des gens qui vivent en accord avec leurs valeurs profondes, qui assument leur rôle dans la création d’un monde meilleur pour tous. À ce moment je sentais la déesse en jubilation et des vagues de béatitude m’envahissaient alors que je ressentais son soutien et amour inconditionnel pour les guerriers sacrés de cette terre, ceux qui ont la foi en leur puissance et qui vivent et oeuvrent pour le plus grand bien de tous.

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